MARIA MAGDELEINA

writer, podcaster, child of God

Je vous avoue que ça fait un bout que je n’ai pas écrit en français et ça me manque royalement. Mais le problème, bien évidemment, c’est que je n’ai aucune idée sur laquelle écrire. Ça tellement fait longtemps que j’écris en anglais que mes pensées ne veulent pas se traduire, mais bien rester anglophones. Ma langue maternelle est toutefois le français et c’est une langue que j’ai toujours défendue. Le Québec, malgré le fait qu’il ne m’a jamais aimée, est la province que j’ai toujours défendue. J’ai écrit sur le Québec, j’ai écrit sur la ville de Montréal, j’ai écrit sur la langue de Molière et j’ai écrit dans sa langue. Ça a toujours été ma langue d’expression jusqu’au jour où j’ai mis les pieds dans le couloir de l’Université McGill. Je voulais me faire entendre, je voulais comprendre les professeurs et les élèves et je voulais me sentir moins seule. J’ai senti que je n’avais pas le choix de me fondre dans la masse anglaise.

Maintenant que j’y pense, le français n’a pas toujours été ma langue d’expression. En effet, à onze ans, après avoir été victime d’intimidation pendant quelques années, je croyais au mythe de la popularité. On me disait que j’étais laide et pas « cool » et donc, je me suis échappée dans un rêve. Désolée, je me suis mal expliquée. Je voulais dire que j’ai commencé à rêver. Je ne voulais pas croire que j’étais laide, surtout à cause du fait que je ne suis pas blanche. Alors, j’ai commencé à imaginer que j’étais blanche et que j’étais une vedette et j’ai ancré ce rêve de devenir la prochaine Avril Lavigne, malgré les peurs bleues de ma mère. Je n’oublierai jamais le jour où je lui ai dit que je ne voulais plus aller à l’école. « C’est Britney Spears que tu veux devenir? » Non, Maman, c’est moi que je veux devenir. J’aurai dû penser avant de parler. Sur le coup, j’avais oublié que mes parents travaillent comme des chiens pour que je reçoive une éducation digne de la meilleure école privée. Je ne l’ai vraiment pas fait exprès. Je voulais juste sortir du néant tout noir dans lequel je dormais. Je voulais me sentir vivante et être quelqu’un, peu importe qui.

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C’est donc à ce moment-là que je me suis tournée vers l’anglais. Je n’étais pas si pire que ça à l’oral, mais fallait peaufiner l’écrit. Je vous avoue que toutes les chansons que j’ai écrites étaient bien ridicules, toutefois réelles. Je m’apprenais à mettre sur papier toutes les émotions que je ressentais. Ces chansons-là, ça fait bien des années que je ne les chante plus. Je n’arrive pas à croire que je pouvais parfois être insolente dans mes chansons. On dirait une version wannabe et enfantine de Janis Joplin. Mais cette insolence, je la voyais comme une certaine force. Je chantais dans le salon ou dans ma chambre comme si je chantais au Centre Bell. Je pouvais tout conquérir. Je ne sais pas trop ce que je veux dire par « tout », mais ouf, je me croyais au sommet.

J’écrirais les détails de l’abandon de mon rêve une autre fois, mais tout ce que vous devez savoir, c’est qu’on n’a pas besoin d’être célèbre pour être quelqu’un. On est tous et toutes quelqu’un, on ne le sait juste pas. Ce n’est pas vraiment parce qu’on ne le sait pas, c’est juste que les gens autour de nous plaisantent et nous font sentir comme de la merde. On est malheureusement naïfs et naïves et on se jette dans le vide de ce mensonge. Bref, ça fait du bien d’écrire en français.

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